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Mercredi 12 juin 2013 3 12 /06 /Juin /2013 21:19

 

2.Très Bon    

    J'attendais le dernier film de Sofia Coppola avec une certaine attitude. En effet la bande annonce m'avait fait la désagréable sensation d'un Spring Breakers à la sauce Coppola. Avant d'aller plus loin dans cette critique, je tiens à préciser que j'aime beaucoup les films de Sofia Coppola (malgré le fait que je n'aie pas vu « Somewhere ») et que j'adore Lost in Translation.

       Le film The Bling Ring est vraiment bien. On suit les aventures d'une bande de jeunes obsédés par le luxe, les stars et la célébrité. Le groupe va voler chez des peoples divers objets de luxe à des prix mirobolants et fait la fête. Le scénario narre cette histoire, passant du « vivre jeune, à mille à l'heure et mourir » puis le retour à la réalité. Je vais être franc, si pour moi Sofia Coppola est meilleure réalisatrice que son père, elle n'a pas son talent narratif et le scénario arrive vite à être un peu plat. Ce que j'adorais dans sa filmographie, c' était que ses personnages avaient toujours quelque chose à m'apprendre sur l'humain par leur profondeur et leur maturité. Ici les personnages sont infantiles et assez creux. Juste des jeunes superficiels un peu débiles, gavés au fric, à la célébrité et aux signes extérieurs de richesse. Cependant, il est explicite que Sofia Coppola réalise ici une critique assez bien construite de cette jeunesse mais à travers elle des médias et des stars qui en découlent. Je ne m'attarderai pas vraiment sur les acteurs qui livrent une prestation correcte sans être vraiment inoubliable (comme leurs personnages un peu crétins).


      Mais c'est là que l'essentiel du film arrive : une réalisation extraordinaire. Oh oui les enfants, la fifille Coppola est vraiment entré dans mon top 10 des réalisateurs contemporains et assure d'y rester avec ce film. Je pourrais parler des heures, citant plan par plan le film. La réalisatrice de Virgin Suicides sait pour ses films arriver à l'harmonie parfaite entre fond et forme. C'est selon moi l’essence d'un bon film : une forme au service du fond sans non plus être trop banale. Dans The Bling Ring, la réalisation, le découpage, le montage forment un tout proche de l'histoire tout en restant à un stade d'observation avec des passages admirables où la caméra ne juge pas ces jeunes, les observes juste. Coppola à l'idée de passer par le biais des caméras que ce soient des webcams, des caméras de surveillances, ou encore des smartphones, pour entrer dans le quotidien de ses personnages. Là où la bougresse est forte c'est aussi par ses formats d'images (j'en frissonne presque encore) : elle mélange images basse-définitions d'internet, des photos, des copies d'écrans Facebook, des sms, des reportages tv, etc.... De plus, le format d'image de la caméra est très proche du 16/9 (le même que les tv) si mon oeil est bon. Avec ces formats, elle fait un pied-de-main à Hollywood et ses formes standardisées Cinémascope. Tout s’entremêle, rappelant petit à petit aux spectateurs que la société apporte les outils à ces jeunes, elle les fabrique autant qu'elle les punit et les admire. Je retiens une séquence où le personnage masculin de la bande explique à une journaliste de Vanity Fair que l'Amérique a une fascination perverse pour les Bonnie & Clyde. Sofia Coppola aura aussi ses petits bonbons à nous mettre sous la langue comme ce plan séquence où l'on voit une maison assez richement stylisée sur fond de Los Angeles de nuit. On assiste au cambriolage sans montage, avec seulement une camera qui se rapproche lentement, gardant une vision d'ensemble et n'ayant comme son que le bruit de la ville de nuit. Magique. C'est du cinéma comme je l'aime et comme je veux le vivre, rythmé, beau, réfléchi et harmonieux.


     Oui ce film est bon, même si le scénario n'est pas grandiose, il est porté par une réalisation quasiment sans faute. On ne s'ennuie pas, on frissonne, on sourit et même si on se sent distant des personnages, on a un peu la sensation d'être celui qui doit juger leurs actes et leurs vies. Le prophète des huîtres lui donne 16 sur 20.


http://www.filmsfix.com/wp-content/uploads/2013/03/The-Bling-Ring-poster-trailerjpg.jpg

Par Le Prophète des Huitres
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Samedi 2 mars 2013 6 02 /03 /Mars /2013 19:01

Et voilà, près de 6 mois après l'épisode précédent, voici 30 min de musiques triés avec amour

 

Huitre chaude #4

Par Le Prophète des Huitres
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Samedi 2 février 2013 6 02 /02 /Fév /2013 14:50

 

2.Très Bon

     Le film de Sacha Gervasi s'ouvre sur un plan séquence sur le meurtre de Henry Gein par son frère, une fois son frère tué à coup de pelle, la caméra exécute un panorama sur la droite, laissant apparaître en plan rapproché poitrine Alfred Hitchcock, une tasse de thé à la main. Il boit une gorgée et annonce d’emblée le film : on va parler de son chef d'oeuvre Psycho. Hitchcock est un biopic plutôt classique, sans grande originalité mais le classicisme offre de temps en temps aux spectateurs un petit bijou.


     Nous sommes à Hollywood, Hitchcock vient de finir La mort aux Trousses et cherche une idée pour un autre film tout en étant perturbé par son age. Le choix narratif du film est d'alterner entre le mécanisme de création d'un film (scénario, casting, production, etc...) et son rapport avec sa femme Alma Reville. Ce procédé est certes hyper méga giga habituel mais vu la place que sa femme tenait dans les films « du maitre du suspense » on ne peut qu'applaudir la finesse de l'écriture. Le scénario est habile (l'usage des ellipses est exemplaire par sa finesse et sa lisibilité), pas trop historique ou austère (comme l'est un peu Lincoln) et le film de Gervasi assume totalement le fait qu' Alfred Hitchcock devienne un personnage. Truculent, le profil du réalisateur de Vertigo est complexe et intime mais sans jamais tomber dans le pathos. Ce film est complètement un hommage et on est ici pour voir ce qu'on aime d'Hitchcock : un metteur en scène de génie, un maitre du montage et du suspense ainsi qu'une personne partageant sa vie et son oeuvre avec sa femme...


     La réalisation de Sacha Gervasi est classique et efficace. La caméra se fait oublier et on s'immerge complètement dans le film tout en profitant de très beaux plans sans jamais vraiment quitter l'intrigue. Le montage et le son rappellent quelque peu ceux d'Hitchcock et le film va jusqu'à reprendre des thèmes musicaux célèbres de la filmographie du réalisateur pour notre plus grand plaisir de cinéphile. De plus la mise en scène du film est assez agréable et l’innovation rocambolesque du film consiste à donner à Hitchcock des doutes quant à ses pulsions et les confier à une hallucination : Ed Gein (le véritable serial-killer qui a inspiré Psycho et tant d'autres livres/films). Entre cauchemar et remise en question, Hitchcock réalise que le personnage de Stewart dans Vertigo, c'est lui et sa paranoïa et son obsession transfigurent dans ses films.


     Au niveau de l'actorat, même si Anthony Hopkins joue très bien, ce n'est pas Alfred Hitchcock. Le parti pris du film est d'illustrer un personnage plus ressemblant au niveau de la présence, du caractère et des attitudes qu'au niveau physique (même s'il y a d'immenses efforts assez réussis au niveau des FX). L'affiche est aussi partagée avec Scarlett Johansson qui comme l'on pouvait si attendre est une bonne actrice mais dépourvue (selon moi) de surprise depuis Vicky Cristina Barcelona. La vraie découverte pour moi d'Hitchcock, c'est Helen Mirren (nominée aux Golden Globes pour le film) qui interprète Alma Reville. Son jeu porte vraiment celui d'Hopkins comme son personnage le fait, il y a une magnifique complémentarité et Mirren nous « scotche » à nos sièges. Son rôle n'est de plus pas vraiment évident, une femme de l'ombre avec beaucoup de caractère... Une scène de dispute (je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir) révèle habilement le personnage de Alma et le talent d'Helen Mirren.


     Bref, Hitchcock est à mon avis le meilleur biopic que j'ai vu de 2012, même s'il ne sort que le 6 février dans nos salles obscures. Cinéphiles de tout poils, courrez voir ce bijou et sortez de la séance avec plein de musique hitchcockienne en tête ! Le prophète des huîtres lui donne 16 huîtres sur 20.

 

http://www.emanuellevy.com/media/2012/10/hitchcock_poster.jpg

Par Le Prophète des Huitres
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Mardi 29 janvier 2013 2 29 /01 /Jan /2013 12:57

3.Bon

 

     J'entretiens avec Spielberg une relation particulière, en effet l'américain d'E.T.m'a autant déçu qu'il m'a fait rêver. Des premiers Indiana Jones à Jurassic Parken passant par Tintinou Arrête-moi si tu peux, il a su me faire voyager et découvrir un cinéma hollywoodien de qualité. Mais je n'oublie pas pour autant les films qui appartiennent, à mon sens, au coté obscur de Spielberg, je ne citerai que Indiana Jones 4, La Guerre des mondes, Minority Reportet pour finir le vomitif Hook (que je déteste plus pour le viol du Peter Pande J. M. Barrie qu'autre chose).

 

     Mais aujourd'hui, il revient avec un biopic d'Abraham Lincoln sobrement intitulé Lincoln. Dès l'apparition du titre, tout est clair, Spielberg veut du sobre, du solennel et de l'historique. Mais je ne peux que rapprocher ce film d'un autre, Vers sa destinéede John Ford, reprenant le même protagoniste. Pour Ford, l'important était de montrer l'homme avant la légende, avant la politique. Si le film de 1939 voulait éviter tout laurier et héroïsme, celui de 2012 (il est sorti depuis Novembre aux USA) ne rechigne pas à rajouter au portrait de l'ancien président américain un coup de pinceau doré comme hommage vibrant.

      Le choix narratif du film est de raconter la bataille de Lincoln pour faire passer le 13ème amendement (l'abolition de l'esclavage) alors que la guerre de Sécession s'enlise dans sa quatrième année et que le bilan des morts s'alourdit. Nous suivons le président dans un univers assez hétérogène où se mêlent politique, guerre, idéaux et famille. Spielberg joue la carte de la famille en nous dévoilant un homme peu heureux, hanté par la mort d'un enfant et par sa femme qu'il semble redouter. Mais le scénario n'est pas tellement original si ce n'est par sa manière de nous montrer que l'abolition de l'esclavage s'est tenue à une poignée de politiciens pas forcément plus inquiets de leur carrière que du sort des esclaves.


     Après l'excellent Django Unchainedde Tarantino, l'esclavage revient sur les toiles avec une mise en scène en béton armé. Je dois avouer que Spielberg s'illustre par une modestie et une finesse de la mise en scène exemplaire pour un biopic de la sorte. Mais il faut souligner surtout le talent incroyable des acteurs qui portent à mon sens le film à bout de bras. Si Daniel Day-Lewis est très bien campé dans un rôle à Oscar, la vraie vedette à mes yeux est Tommy Lee Jones qui nous épate dans une performance sobre mais puissante. De très bons acteurs, même si Joseph Gordon-Levitt n'apparait pas tant que ça à l'écran et c'est dommage. Que dire de plus de la forme de ce film. Il est beau, modestement spielbergien et assez patriote (quelques plans sont quand même un peu too much).


     Je finirai par attirer votre attention sur le fait que Lincoln est vraiment un personnage cinégénique à souhait. Sa démarche, sa posture et son flegme font de lui une figure qu'on n'est pas près d'oublier au cinéma. De Ford à Griffith, Spielberg nous donne un peu d'Amérique avec cet homme à la fois mystérieux et légendaire. Si vous aimez les biopics, l'histoire des USA et les films en costumes, je vous conseille Lincoln.

     Le prophète des huître lui donne 13 huîtres sur 20 et un chapeau haut-de-forme.

 

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/cinema/news-cinema/photo-premier-poster-de-lincoln-avec-daniel-day-lewis-3467590/62959698-1-fre-FR/PHOTO-Premier-poster-de-Lincoln-avec-Daniel-Day-Lewis_portrait_w532.jpg

Par Le Prophète des Huitres
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Samedi 13 octobre 2012 6 13 /10 /Oct /2012 18:30

7.Très Très Mauvais

          Nous sommes en Californie, deux amis cultivent le meilleur cannabis du monde, rien que ça, et se tapent une blondasse amoureuse des deux. Mais bon, il y a de méchants narco-trafiquants et les gentils dealers vont vouloir rester gentils mais les méchants veulent beaucoup d'argent et donc voilà. Je ne vais pas vous mentir, le scénario est aussi mauvais que celui d'un film de Michael Bay. Faussement un appel à la liberté, il n'est qu'un mauvais prétexte pour du sexe, de la drogue, de la violence et du Rock'n'roll. Les premières minutes du film laissent présager la médiocrité de celui-ci : deux scènes de sexe torride, mais filmées à l'américaine (voir mon article sur  Des hommes sans loi ) et une vidéo de torture en moins de 10min. Bravo Oliver Stone, vous êtes honnêtes et c'est sans surprise que le film continue. Bagarre, coups de feu, sang, une recette lourdingue et très hétérogène pour un rythme irrégulier et vraiment désagréable.


          Oliver Stone n'a pas qu'utilisé un scénario à deux balles, il a aussi décidé de filmer avec ses pieds. Et vas-y que je te mets des zooms saccadés et moches ! Et paf des halos de lumière comme dans les clips de R'n'B ! Parce que visuellement, c'est ça Savages, un clip de rap de 131 minutes... Je ne parlerai pas de la mise en scène, je pense qu'elle a été oubliée lors du tournage. Le découpage technique et le montage cherchent à nous mettre de l'action, beaucoup d'action, du cul et glorifier le travail des maquilleurs (particulièrement lors d'un plan trop long où l'on voit que « oui, effectivement, c'est un oeil qui pend, c'est bien fait. Mais c'est dégueu, et il serait temps de changer de plan maintenant ! »). Je dois parler des acteurs ? Ah ! Bah Benicio del Toro est bon, dans un rôle comme 90% de ses films, mais il est bon. Les autres ? Ahahaha. C'est épatant de mauvaise volontée. Aaron Johnson nous avait épaté dans Kick-Ass, mais ici, on n'y croit pas du tout ! La blonde Lively est aussi expressive qu'une dinde un soir de noël et John Travolta est risible et pas crédible une minute.


          Tout est prévisible, la seule surprise est la fin : après une ultime fusillade pourrie, tout le monde meurt. C'est nul, mais on est presque soulagé. Mais non, ils font une deuxième fin parce que « Ah ! C'est pas ce que vous croivez ! », donc on sort la happy end sans bain de sang. Bim. Sortant de la salle, mes amis et moi nous demandions : c'est une blague ce film ? Oui diront certains, c'est un hommage au film de série B. Mais je suis désolé, quand on veut rendre hommage à ce cinéma-là, on le fait bien. Oliver Stone, regardez un peu de Tarantino, du Rodriguez et même du Wright et retournez à vos biographies des présidents américains.


          N'allez pas dépenser votre argent en allant voir Savages, achetez un saucisson, vous passerez un meilleur moment. Le prophète des huîtres lui donne 4 huîtres sur 20.

 

http://media.zoom-cinema.fr/photos/news/5860/affiche-du-film-savages.jpg

Par Le Prophète des Huitres
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