Cinécritique ep.5: Savages, 2012

Publié le par Le Prophète des Huitres

7.Très Très Mauvais

          Nous sommes en Californie, deux amis cultivent le meilleur cannabis du monde, rien que ça, et se tapent une blondasse amoureuse des deux. Mais bon, il y a de méchants narco-trafiquants et les gentils dealers vont vouloir rester gentils mais les méchants veulent beaucoup d'argent et donc voilà. Je ne vais pas vous mentir, le scénario est aussi mauvais que celui d'un film de Michael Bay. Faussement un appel à la liberté, il n'est qu'un mauvais prétexte pour du sexe, de la drogue, de la violence et du Rock'n'roll. Les premières minutes du film laissent présager la médiocrité de celui-ci : deux scènes de sexe torride, mais filmées à l'américaine (voir mon article sur  Des hommes sans loi ) et une vidéo de torture en moins de 10min. Bravo Oliver Stone, vous êtes honnêtes et c'est sans surprise que le film continue. Bagarre, coups de feu, sang, une recette lourdingue et très hétérogène pour un rythme irrégulier et vraiment désagréable.


          Oliver Stone n'a pas qu'utilisé un scénario à deux balles, il a aussi décidé de filmer avec ses pieds. Et vas-y que je te mets des zooms saccadés et moches ! Et paf des halos de lumière comme dans les clips de R'n'B ! Parce que visuellement, c'est ça Savages, un clip de rap de 131 minutes... Je ne parlerai pas de la mise en scène, je pense qu'elle a été oubliée lors du tournage. Le découpage technique et le montage cherchent à nous mettre de l'action, beaucoup d'action, du cul et glorifier le travail des maquilleurs (particulièrement lors d'un plan trop long où l'on voit que « oui, effectivement, c'est un oeil qui pend, c'est bien fait. Mais c'est dégueu, et il serait temps de changer de plan maintenant ! »). Je dois parler des acteurs ? Ah ! Bah Benicio del Toro est bon, dans un rôle comme 90% de ses films, mais il est bon. Les autres ? Ahahaha. C'est épatant de mauvaise volontée. Aaron Johnson nous avait épaté dans Kick-Ass, mais ici, on n'y croit pas du tout ! La blonde Lively est aussi expressive qu'une dinde un soir de noël et John Travolta est risible et pas crédible une minute.


          Tout est prévisible, la seule surprise est la fin : après une ultime fusillade pourrie, tout le monde meurt. C'est nul, mais on est presque soulagé. Mais non, ils font une deuxième fin parce que « Ah ! C'est pas ce que vous croivez ! », donc on sort la happy end sans bain de sang. Bim. Sortant de la salle, mes amis et moi nous demandions : c'est une blague ce film ? Oui diront certains, c'est un hommage au film de série B. Mais je suis désolé, quand on veut rendre hommage à ce cinéma-là, on le fait bien. Oliver Stone, regardez un peu de Tarantino, du Rodriguez et même du Wright et retournez à vos biographies des présidents américains.


          N'allez pas dépenser votre argent en allant voir Savages, achetez un saucisson, vous passerez un meilleur moment. Le prophète des huîtres lui donne 4 huîtres sur 20.

 

http://media.zoom-cinema.fr/photos/news/5860/affiche-du-film-savages.jpg

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