Cinécritique ep.6: Lincoln, 2012 (sortie FR 2013)

Publié le par Le Prophète des Huitres

3.Bon

 

     J'entretiens avec Spielberg une relation particulière, en effet l'américain d'E.T.m'a autant déçu qu'il m'a fait rêver. Des premiers Indiana Jones à Jurassic Parken passant par Tintinou Arrête-moi si tu peux, il a su me faire voyager et découvrir un cinéma hollywoodien de qualité. Mais je n'oublie pas pour autant les films qui appartiennent, à mon sens, au coté obscur de Spielberg, je ne citerai que Indiana Jones 4, La Guerre des mondes, Minority Reportet pour finir le vomitif Hook (que je déteste plus pour le viol du Peter Pande J. M. Barrie qu'autre chose).

 

     Mais aujourd'hui, il revient avec un biopic d'Abraham Lincoln sobrement intitulé Lincoln. Dès l'apparition du titre, tout est clair, Spielberg veut du sobre, du solennel et de l'historique. Mais je ne peux que rapprocher ce film d'un autre, Vers sa destinéede John Ford, reprenant le même protagoniste. Pour Ford, l'important était de montrer l'homme avant la légende, avant la politique. Si le film de 1939 voulait éviter tout laurier et héroïsme, celui de 2012 (il est sorti depuis Novembre aux USA) ne rechigne pas à rajouter au portrait de l'ancien président américain un coup de pinceau doré comme hommage vibrant.

      Le choix narratif du film est de raconter la bataille de Lincoln pour faire passer le 13ème amendement (l'abolition de l'esclavage) alors que la guerre de Sécession s'enlise dans sa quatrième année et que le bilan des morts s'alourdit. Nous suivons le président dans un univers assez hétérogène où se mêlent politique, guerre, idéaux et famille. Spielberg joue la carte de la famille en nous dévoilant un homme peu heureux, hanté par la mort d'un enfant et par sa femme qu'il semble redouter. Mais le scénario n'est pas tellement original si ce n'est par sa manière de nous montrer que l'abolition de l'esclavage s'est tenue à une poignée de politiciens pas forcément plus inquiets de leur carrière que du sort des esclaves.


     Après l'excellent Django Unchainedde Tarantino, l'esclavage revient sur les toiles avec une mise en scène en béton armé. Je dois avouer que Spielberg s'illustre par une modestie et une finesse de la mise en scène exemplaire pour un biopic de la sorte. Mais il faut souligner surtout le talent incroyable des acteurs qui portent à mon sens le film à bout de bras. Si Daniel Day-Lewis est très bien campé dans un rôle à Oscar, la vraie vedette à mes yeux est Tommy Lee Jones qui nous épate dans une performance sobre mais puissante. De très bons acteurs, même si Joseph Gordon-Levitt n'apparait pas tant que ça à l'écran et c'est dommage. Que dire de plus de la forme de ce film. Il est beau, modestement spielbergien et assez patriote (quelques plans sont quand même un peu too much).


     Je finirai par attirer votre attention sur le fait que Lincoln est vraiment un personnage cinégénique à souhait. Sa démarche, sa posture et son flegme font de lui une figure qu'on n'est pas près d'oublier au cinéma. De Ford à Griffith, Spielberg nous donne un peu d'Amérique avec cet homme à la fois mystérieux et légendaire. Si vous aimez les biopics, l'histoire des USA et les films en costumes, je vous conseille Lincoln.

     Le prophète des huître lui donne 13 huîtres sur 20 et un chapeau haut-de-forme.

 

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