Lecture, Gargantua et le prophète des huitres

Publié le par Le Prophète des Huitres


http://rabahnaceri.unblog.fr/files/2010/12/livres.jpgJe lis. Voilà, j'assume devant vous mon péché : je suis un lecteur. Ce coming out est en fait un prétexte pour vous parler de l'acte de lire. L'idée d'écrire un tel article vient du livre de Charles Dantzig,Pourquoi lire ?qui me fais vraiment réfléchir sur cet acte à la fois étrange, fascinant et banal à la fois qu'est la lecture.

             Tout d'abord je vais parler du rapport que j'ai entretenu avec la lecture enfant.  Une anecdote que m'a narré ma mère à ce sujet me revient : Ne voulant pour aucune raison aller à l'école des « grands » (l'école primaire donc) ma mère utilisa l'argument suivant : mais tu vas apprendre à lire ! Soit, j'acceptai et me rendis donc dans cette école qui hébergeait ce savoir incroyable qui me faisais rêver : la lecture. Rentrant le soir même en pleurs, j’expliquai à ma mère interloquée que je ne savais pas lire. Outre l’intérêt relatif pour mon futur biographe, cette histoire montre que l'enfant est naïf. C'est là le premier stade du lecteur : la naïveté. En effet, jeune, je lisais avec une faim sans fin (tu remarqueras lecteur, un magnifique jeux de mots) tout ce qui venait à moi sans réel distinction : littérature jeunesse ( Erik L'Homme, Jules Verne, Philip Pullman, etc...), littérature plus classique ( Dumas, mon premier classique avec Le Comte de Monte Cristo, Prévert), littérature policière (Agatha Christie, mon amour de jeunesse), littérature de gare (aucun auteur décent à citer), littérature insolite (Isaac Asimov, Jean Teulé, George Orwell) et j'ai toujours gardé un faible pour la littérature pour enfant (Claude Ponti, Philippe Corentin). C'est ainsi que jusqu'au lycée, j'ai dévoré livres après livres, avec un plaisir qui m'a rendu plus souvent associable qu'érudit. En effet cette lecture était presque boulimique et placée sous le signe de la naïveté. Je lisais le livre, le vivais plus exactement, et je le fermais une fois finit en contemplant la quatrième de couverture jusqu'à ce que je quitte le monde où que je venais de traverser. J'ai voyagé un peu partout, différent auteurs, différents styles en trouvant ces mondes de fictions bien plus intéressant que le monde réel. Mais c'est qu'au lycée que j'ai muris.

                J'ai appris à lire une seconde fois grâce à des rencontres qui furent (je pense) décisive pour ma vie de lecteur. Et là j'ai atteint le deuxième stade : le recul. A la fois cruel et magnifique. Ce recul permet de juger. Juger de la valeur d'un livre à vos yeux. Il faut beaucoup d'expériences et les plus variés possible pour en arriver là. Ce recul vous permet de balayer la réputation de Dan Brown, de Marc Levy d'un revers de la main et de glorifier Hemingway, Molière, Maupassant, Zola, Beckett, Homère et tant d'autre ! Le recul est l'or du lecteur. C'est une sorte de clés qui permet d'ouvrir les oeuvres, prendre du recul pour avancer. Paradoxal ? Oui et non. En réalité dans le monde des livres et des fictions, le paradoxe n'existe pas complétement. C'est dans ces année que j'ai lu les classiques, que j'ai découvert la magie de la poésie, des fables et des nouvelles. Mais comme l'a si bien écrit mon ami poète Henri Clerc, la littérature est une Hydre de Lerne, continuez de chercher, vous n'arrivez jamais au bout.

Quel est le stade suivant du lecteur ? Je dois avouer que je ne sais pas, et je n'arrive même pas à spéculer sur celui-ci... 

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